La Grande Guerre : une avancée dans l’histoire du renseignement (1914-1918)

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Découvrez le rôle majeur du Deuxième Bureau lors de la Première Guerre mondiale.
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© Archives nationales. 700AP/14/PA_344  - Tir d’obus au-dessus d’une tranchée. Dessin de Gabard dans le carnet de Roger Marie-Joseph Le Moing, à la date du 28 janvier 1917.

 

Après la défaite militaire face à la Prusse en 1870, l'armée française prit conscience de la nécessité de structurer et de renforcer ses capacités de renseignement. En 1871, le Deuxième Bureau fut ainsi créé au sein de l'état-major général. Chargé de centraliser, coordonner et commander l'ensemble des actions de renseignement au sein des forces armées, ce service s'est rapidement imposé comme un acteur clé dans la défense du pays. Il s'appuyait notamment sur une section spécialisée "section de recherche", dédiée au recueil et à l'analyse des renseignements.

Quelques années plus tard, avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le Deuxième Bureau s'adapta aux transformations du conflit. La guerre de position, l'apparition de l'aviation, ainsi que les transmissions radio modifièrent les modes de collecte et d'exploitation des renseignements. Le service se dota alors de sections spécialisées, notamment pour la reconnaissance aérienne, utilisant des ballons captifs puis des avions d'observation. Deux sections spécialisées sont alors créées au sein du Deuxième Bureau, l’une chargé du renseignement stratégique, l’autre du contre-espionnage. Dès les premiers mois du conflit, le Deuxième Bureau joua un rôle déterminant lors de la bataille de la Marne en septembre 1914. Ses moyens d'observation et d'interception permirent de détecter les mouvements allemands vers Paris, contribuant ainsi à la planification d'une contre-offensive. En juillet 1918, une opération menée sur le Mont-sans-Nom permit la capture de documents secrets révélant le plans d'offensive allemands sur le front de Champagne. Ces renseignements donnèrent un avantage stratégique aux Alliés lors des derniers mois du conflit. Parallèlement, la branche contre-espionnage du Deuxième Bureau, déjoua de nombreuses tentatives d'espionnage, assurant ainsi la protection des secrets militaires français jusqu'à la signature de l'armistice. Quelques jours avant son lancement, le 15 juillet 1918, le poste de Belfort alerta sur l’imminence de l’offensive allemande Friedensturm en Champagne – ultime assaut majeur de l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale. Parmi les sources mobilisées figurait « Carlos », un Alsacien intégré aux douanes allemandes. Sous couvert de son affectation, il transmit des renseignements confirmés par d’autres canaux. Ces informations permirent au maréchal Foch d’anticiper les mouvements ennemis et de remporter une victoire décisive, scellant l’échec définitif des offensives du général Hindenburg. 

L'héritage du Deuxième Bureau, ses méthodes et ses principes continuèrent d'influencer les services de renseignement français bien après la signature de l'armistice de 1918. La centralisation des données, l'exploitation et les innovations technologiques ainsi que la discrétion absolue dans les opérations - ces principes, forgés il y a un siècle, restent au cœur du renseignement actuel. Aujourd'hui encore, alors que les menaces évoluent vers le cyberespace et les conflits asymétriques, les leçons tirées du passé rappellent que la maîtrise de l'information constitue un enjeu stratégique majeur pour la sécurité de notre pays.

 

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